Aloïs Ecuyer, quelques poèmes
Aloïs Ecuyer, ancien syndic d’Envy, écrivait des vers. Trois de ses poèmes nous sont parvenus : la cloche de l’école, le centenaire de la société d’Abbaye dont il fut du comité pendant dix-sept ans, et le cyclone qui dévasta son village un après-midi d’août 1971.

Monsieur Aloïs Ecuyer, syndic d’Envy, sonne la cloche du collège à l’occasion de l’ouverture de l’Exposition nationale de 1964.
La cloche de l’École
Printemps de la jeunesse
Temps d’étudier
La cloche vous appelle
Joyeux écoliers
La cloche sonne digdindon
Invite pour les leçons
Eduquer pour la vie
Les garçons et les filles
Connaître notre monde
Savoir que la terre est ronde
Ecrire lisible sans fauter
Placer les chiffres pour compter
De l’école la cloche sonne
Appelle chaque matin
Les écoliers en bande folle
Qui deviendront les citoyens
Ces longues mais belles années
Enrichissent le cerveau
Gaies ou tristes paupières
Parfois au prix de sanglots
Un certain roi du moyen âge
Dans ses sujets ne voulut d’âne
Fit des écoles sous leur clocher
Pour instruire les écoliers
C’est grâce au bon roi Charlemagne
Que les études ont du charme
De l’Orient à l’Occident
Manifestent les étudiants
Dans toute compétition
On rêve d’être champion
Ceux qui ne savent nager
Avec Dieu sur la rive, peuvent encore espérer
Aloïs Ecuyer, ancien syndic d’Envy.
Société d’Abbaye « Etoile du Jura » de Romainmôtier
Pour le centenaire 1956. Dédié au Comité en fonctions.
Dans le cercle de Romainmôtier
Il y a une société
D’hommes décidés
De montrer leur habilité
A savoir bien tirer.
En 1856 pour la fonder
On décida
Que tous les hommes adroits
Du simple soldat au général
Pouvaient faire partie
De l’Etoile du Jura.
Tous les deux ans
Tambours battant
Rentrant du stand
Il faut voir ce détachement
Musique en tête
Partant pour le restaurant.
Sur la Placette
A la place du fusil, la fourchette,
Pour munition
Une bouteille de bon.
L’assaut va être donné
La bataille va commencer
Jusqu’à ce qu’on soit bien tassé.
La partie officielle a débuté.
Le président dit en termes éloquents
Que chacun doit marcher
Droit en avant et non en zigzaguant.
Pour choisir le vin de fête
Le comité, président en tête,
Accompagné du cantinier
Partent pour les emplacements
Où l’on trouve de bons sarments.
L’Etat major est composé
De Jules Grandjean
Qui en est le commandant,
S’il n’est pas général
Il est conseiller national.
De l’adjudant du bureau
Qui est Charles Chezeaux.
De Edmond Candaux
Directeur du tir et toujours dispos.
De Louis et John Cavat
Les dignes représentants
Du village de Croy.
Et de Bretonnière Alfred Roy.
De Zahnd Gaston
Chef des fanfarons.
De Bonnard Maurice
Qui est le plus riche,
Il est le trésorier de la société ;
Et enfin Aloïs Ecuyer
Le médecin du Comité.
Comme toute chose tire à sa fin
Le Comité est sur son déclin
Mais pour se faire remplacer
Après dix-sept ans bien passés
Il faut encore discuter avant
D’être démobilisés.
Pour la relève de la garde
Il faut choisir des hommes braves
Pouvant bien supporter les fatigues
Du Comité.
Enfin pour notre belle société
Conservons avec fierté
Ce beau drapeau
Symbole de notre liberté
Et pour « L’ETOILE DU JURA »
Chers amis :
« Vive l’Abbaye ».
Pour profiter de la circonstance
Le Commandant du pont de danse
Désire revoir le village
Où il a passé son enfance.
Quelle joie pour notre ami
John Cavat
Lorsqu’il revit le village
De Croy.
S’il y a des bons moments
Il y a aussi des engagements
Lorsqu’il faut remettre en position
Des gens qui ne veulent pas
Entendre raison.
Dans ces moments
Il faut voir notre Président
Lorsqu’il commence à montrer les dents.
Soutenu par son comité
Il sait se faire respecter,
On peut encore déplacer
un « métier ».
Aloïs Ecuyer, Envy. Membre du comité pendant 17 ans, de 1939 à 1956.
Envy, le cyclone du 26 août 1971, à 15h30
Envy, charmant petit village
Dans son petit vallon caché
Dans les arbres de ses vergers
Les oiseaux chantent, dans le feuillage
Le matin, quand le soleil se lève
Le réchauffant de ses rayons
Le travail reprend, avec sa lumière
Avec les oiseaux, en chansons
Dans les bois, qui l’environnent
Dans les clairières des feuillus
Avec le chant du coucou, fleurit l’anémone
La perce-neige déjà fanée, a disparu
Dans son petit vallon tranquille
Heureux, en toute saison
Belle encore, y passe la vie
Dans ses bonnes vieilles maisons
Mais bonheur, ne dure guère
Un jour le ciel, devenu menaçant
Les éclairs, l’orage se lève
Sur le village en grondant
Comme une bombe soudaine
Les éléments en fureur
Sur le vallon, se déchaînent
Sur le village, surpris de peur
Dans le bruit d’une explosion
Scalpe, le toit des maisons
Vergers, forêts dévastées
Pour longtemps, un paysage a changé
Il était un petit village
Dans son vallon caché
Le fort vent d’orage
Sur lui, s’est acharné
Comme les petits oiseaux
Courageux, le petit hameau
Maisons et nids détruits
Avec le courage, sont reconstruits
A. Ecuyer